Une histoire de famille
chapitre 1📝 1,401 mots👁 40 vues

Le Vide Quotidien

Le Vide Quotidien

Je m'appelle Isabelle. J'ai quarante-deux ans, et ma vie ressemble à une routine bien huilée, mais qui commence à rouiller aux jointures. Mariée à Marc depuis vingt ans, nous avons trois enfants : Sophie, notre aînée de dix-huit ans, qui est en terminale et rêve de devenir artiste ; Lucas, seize ans, un ado typique obsédé par les jeux vidéo et le sport ; et Emma, la petite dernière de quatorze ans, encore innocente, passionnée par les livres et les animaux. Nous vivons dans une maison confortable en banlieue de Paris, avec un jardin où notre chien Max, un labrador golden de cinq ans, passe ses journées à creuser des trous ou à somnoler au soleil. Max est comme un quatrième enfant pour moi – loyal, affectueux, toujours prêt à me consoler d'un coup de langue baveuse quand je me sens seule.

Marc est un ingénieur en informatique, un homme stable et prévisible. Il a quarante-cinq ans, des cheveux grisonnants qui lui donnent un air distingué, et un corps qu'il entretient vaguement en courant le week-end. Au début de notre mariage, il était passionné, attentionné. On faisait l'amour partout, avec cette urgence des jeunes amoureux. Mais les années ont passé, les enfants sont arrivés, et son travail l'a englouti. I

l rentre tard, épuisé, et nos soirées se résument à des dîners rapides devant la télé, suivis d'un baiser distrait avant de dormir. Sexuellement, c'est le désert. La dernière fois qu'on a fait l'amour, c'était il y a deux mois, une affaire expéditive sous les couvertures, sans préliminaires, sans passion. Il a joui en quelques minutes, m'a murmuré un "bonne nuit" et s'est tourné. Moi, je suis restée éveillée, frustrée, avec ce vide au creux du ventre.

Ma psychologie ? Je suis une femme organisée, une mère dévouée qui gère les courses, les rendez-vous chez le dentiste, les activités extrascolaires. Je travaille à mi-temps comme assistante administrative dans une petite entreprise, ce qui me laisse du temps pour la maison. Mais en dedans, je bouillonne. J'ai toujours été curieuse, un peu aventureuse dans ma jeunesse – j'ai eu quelques flirts avant Marc, rien de sérieux. Maintenant, je me sens fanée, comme si ma féminité s'étiolait. Je regarde mon corps dans le miroir : des seins encore fermes, des hanches arrondies par les grossesses, une peau douce malgré les vergetures discrètes. Je ne suis pas une beauté fatale, mais je sais que je pourrais plaire. Pourtant, Marc ne me voit plus. Il me complimente parfois, mais c'est mécanique, sans désir.

Ce matin-là, comme tous les autres, je me suis levée à six heures pour préparer le petit-déjeuner. Sophie est descendue en traînant des pieds, ses cheveux châtains en bataille, marmonnant un "salut maman" avant de s'affaler sur son téléphone. Elle est belle, ma Sophie, avec ses yeux verts hérités de moi et son corps svelte de danseuse. Elle est rebelle, indépendante, toujours à tester les limites – elle sort avec des amis le soir, fume en cachette, et je sais qu'elle a déjà un petit copain, même si elle ne m'en parle pas. Lucas a suivi, torse nu, ses muscles d'ado en développement, les cheveux ébouriffés. Il est timide avec les filles, mais confiant avec ses potes ; il passe des heures dans sa chambre à jouer en ligne, et je l'entends rire aux éclats tard le soir. Emma, ma petite chérie, est arrivée en dernier, encore en pyjama, avec son sourire innocent. Elle est curieuse de tout, pose mille questions sur le monde, et adore câliner Max, qui la suit partout comme un garde du corps.

Marc a avalé son café en lisant les news sur sa tablette, m'a embrassée sur la joue sans me regarder vraiment, et est parti pour le bureau. "À ce soir, chérie." Les enfants ont filé à l'école, et je me suis retrouvée seule avec Max, qui me fixait de ses yeux bruns pleins d'attente. J'ai fait le ménage, passé l'aspirateur, lavé la vaisselle, tout en écoutant une playlist nostalgique des années 90. Mais au fond de moi, une insatisfaction grandissait. Pourquoi ma vie se résumait-elle à ça ? J'avais des envies, des fantasmes refoulés. Parfois, la nuit, je me touchais en silence, imaginant des scénarios osés, mais ça ne suffisait plus.

Cet après-midi-là, après avoir récupéré Emma à l'école – Sophie et Lucas rentraient seuls –, j'ai décidé de prendre un bain. La maison était calme, Max dormait dans le salon. J'ai rempli la baignoire d'eau chaude, ajouté du bain moussant à la lavande, et me suis déshabillée lentement devant le miroir. Mon reflet me renvoyait une femme encore désirable : mes seins lourds, mes tétons roses qui pointaient sous l'air frais, mon ventre plat malgré les enfants, et mon sexe, épilé en ticket de métro comme à l'époque où Marc s'en souciait. Je me suis glissée dans l'eau, fermant les yeux, laissant la chaleur détendre mes muscles.

Mes mains ont commencé à errer sur mon corps, innocemment d'abord. J'ai caressé mes épaules, descendu vers mes seins, pinçant doucement les tétons. Une petite étincelle de plaisir a traversé mon ventre. Je n'avais pas prévu ça, mais l'ennui, la frustration... Pourquoi pas ? J'ai écarté les jambes sous l'eau, mes doigts glissant sur mon ventre, atteignant mon clitoris. Il était sensible, gonflé déjà par l'anticipation. J'ai commencé à me caresser lentement, en cercles doux, imaginant les mains de Marc comme avant, fortes et assurées. Mais vite, mon esprit a dérivé. J'ai pensé à un inconnu, un homme croisé au supermarché la veille, grand, musclé, avec un regard intense. Dans mon fantasme, il me plaquait contre le mur, m'embrassait voracement.

Mes mouvements se sont accélérés. J'ai enfoncé un doigt en moi, sentant ma chatte humide, chaude, serrée autour de lui. "Oh oui," ai-je murmuré, les yeux clos. J'ai ajouté un deuxième doigt, les faisant aller et venir, frottant mon pouce sur mon clito. Le plaisir montait, doux, enveloppant. Ce n'était pas sauvage, pas encore ; juste une masturbation simple, intime. Mon corps se tendait, l'eau claptait autour de moi. J'ai imaginé l'inconnu me léchant, sa langue experte sur mes lèvres intimes, et ça m'a fait basculer. L'orgasme est venu en vagues gentilles, me faisant haleter, mes orteils se crispant. J'ai joui en silence, le corps tremblant, puis je suis restée là, flottante, un sourire aux lèvres.

Mais ce n'était qu'un palliatif. En sortant du bain, enveloppée dans ma serviette, j'ai entendu la porte d'entrée s'ouvrir. C'était Sophie, rentrée plus tôt que prévu. "Maman ? T'es où ?" a-t-elle appelé. J'ai sursauté, me sentant coupable comme une ado prise en flagrant délit. Je me suis rhabillée vite, descendant les escaliers. Sophie était dans la cuisine, fouillant le frigo. "Salut ma chérie, t'es rentrée tôt ?" Elle a haussé les épaules. "Cours annulé. Et toi, t'as l'air... détendue." J'ai rougi légèrement, mais elle n'a rien remarqué. On a discuté de sa journée, mais mon esprit vagabondait. Ce soir-là, au dîner, Marc était distant comme d'habitude. Les enfants riaient, Max mendiait sous la table. Mais moi, je sentais un changement en moi, une faim qui s'éveillait.

Plus tard, dans le lit, Marc s'est approché. "Ça va, Isa ?" a-t-il demandé, sa main sur mon épaule. J'ai hoché la tête, espérant plus. Il m'a embrassée, et pour la première fois depuis longtemps, j'ai répondu avec ardeur. Ses lèvres étaient familières, un peu sèches. Il a glissé une main sous mon pyjama, caressant mes seins. "T'es belle," a-t-il murmuré. J'ai fondu, guidant sa main plus bas. Il m'a touchée, maladroitement d'abord, puis trouvant mon clitoris. C'était soft, presque vanille : des baisers, des caresses, pas de folie. Il s'est positionné au-dessus de moi, entrant doucement. Sa queue était moyenne, familière, me remplissant sans surprise. Il a bougé en rythme régulier, grognant doucement. J'ai fermé les yeux, me concentrant sur les sensations – la friction, la chaleur. "Plus fort," ai-je chuchoté, mais il a continué à son allure. J'ai joui la première, un orgasme modeste, et il a suivi, se vidant en moi avec un soupir.

On s'est câlinés après, mais je sentais que ce n'était pas assez. Tandis qu'il s'endormait, je fixais le plafond, pensant à cet inconnu imaginaire. Et si je passais à l'action ? Le lendemain, en promenant Max au parc, j'ai croisé un homme qui me souriait. Était-ce le signe ? Mais alors que je rentrais, mon téléphone a vibré : un message anonyme. "J'ai vu ta beauté aujourd'hui. On se revoit ?" Mon cœur s'est emballé. Qui était-ce ?