Un Poste à Madagascar
chapitre 6📝 1,054 mots👁 32 vues

Le week-end à Ambatolampy

Je ne sais plus très bien comment j’ai accepté. Un soir, après une journée particulièrement longue au bureau, Ennemiah m’a appelé, la voix pleine d’excitation.

« Ce week-end, on va chez ma tante à Ambatolampy. Toute la famille y va pour l’anniversaire de mon cousin. Tu viens avec nous, hein ? »

Ambatolampy, c’est à deux heures et demie de route au sud de Tana, sur la RN7, une ville connue pour ses fonderies d’aluminium et ses casseroles artisanales. Je connaissais de nom, comme tout le monde ici. J’ai hésité deux secondes, pensant au travail, à ma femme, à tout ce que cela impliquait de plus profond dans cette relation. M

ais le « s’il te plaît » d’Ennemiah, suivi de promesses chuchotées au téléphone, a eu raison de mes dernières résistances.

J’ai loué un taxi confortable pour le samedi matin – une Toyota Corolla récente, avec climatisation, pas un de ces vieux taxi-brousse bondés. Le chauffeur, un homme discret nommé Solo, est venu nous chercher à l’aube devant la maison d’Ankahistinika. Lala, Tahina et Ennemiah étaient déjà prêts, sacs remplis de vêtements, de cadeaux et de provisions pour le week-end. J

’ai chargé les bagages dans le coffre, salué tout le monde poliment.

Dans la voiture, les places étaient ainsi : Solo au volant, Tahina à l’avant avec lui pour discuter route et musique (ils ont vite mis du salegy à fond), et à l’arrière moi, coincé entre Lala côté fenêtre et Ennemiah côté couloir. Ennemiah portait une jupe légère en tissu fin et un haut moulant qui laissait deviner la forme de ses seins. E

lle m’a souri dès que je me suis assis, posant immédiatement sa main sur ma cuisse comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.

La route était belle au début : descente des hauts plateaux, rizières en terrasses, villages en brique rouge, zébus sur le bas-côté. Lala commentait le paysage, heureuse de retrouver sa sœur. Mais très vite, Ennemiah a commencé son petit jeu.

D’abord, des caresses discrètes sur ma jambe, remontant lentement sous le tissu de mon pantalon cargo. Puis elle a glissé sa main plus haut, effleurant l’intérieur de ma cuisse. Je lui ai lancé un regard sévère, murmurant un « arrête » à peine audible. Elle a fait l’innocente, haussant les épaules avec un sourire angélique, mais dix minutes plus tard, sa main était revenue, plus audacieuse.

Elle a défait très lentement la fermeture de mon pantalon, juste assez pour glisser ses doigts à l’intérieur. Je me suis raidi immédiatement. Sa mère, à côté de moi, regardait par la fenêtre en chantonnant avec la radio. Tahina et le chauffeur discutaient foot. Personne ne se doutait de rien.

Quand ses doigts ont entouré mon sexe à travers le boxer, j’ai senti l’érection arriver en quelques secondes, brutale, incontrôlable. Ennemiah serrait doucement, faisant des mouvements imperceptibles pour les autres, mais qui me rendaient fou. J’ai croisé les jambes tant bien que mal, posé mon sac à dos sur mes genoux en prétextant chercher quelque chose, puis une bouteille d’eau. T

out pour cacher cette bosse évidente qui tendait le tissu.

Elle s’amusait clairement. Ses yeux pétillaient de malice chaque fois que je la regardais. À un moment, elle a sorti son téléphone, m’a montré une photo de nous deux prise la veille – moi endormi, elle nue contre moi – et a murmuré « tu te souviens ? » en accentuant la pression de sa main.

J’étais en sueur. Pas seulement à cause de la chaleur qui montait malgré la clim. J’ai fini par attraper son poignet sous le sac et le serrer pour qu’elle arrête. Elle a obéi, mais pas sans un dernier pincement taquin qui m’a fait retenir un gémissement.

Le reste du trajet a été une torture délicieuse. Chaque cahot de la route me rappelait mon état. Quand nous sommes enfin arrivés à Ambatolampy, j’ai attendu que tout le monde sorte pour ajuster discrètement mon pantalon avant de descendre.

La tante, une femme robuste et joyeuse nommée Mirana, nous a accueillis avec des embrassades et des cris de joie. La maison était grande pour la région, en dur, avec une cour intérieure où grillait déjà un zébu pour le repas d’anniversaire. J’ai fait connaissance avec le cousin fêté, un garçon de vingt ans nommé Fanantenana, et sa sœur cadette, une adolescente timide appelée Miarisoa. T

out le monde m’appelait « Dadabe » (grand-père, par respect pour l’âge et le statut de vazaha) et me remerciait chaleureusement d’avoir payé le taxi.

Le samedi s’est passé en fêtes : repas énorme, danses traditionnelles, enfants qui couraient partout, discours kabary pour l’anniversaire. J’ai joué mon rôle à la perfection : poli, généreux, offrant des cadeaux (tissus, bonbons, une enveloppe discrète pour la tante). Ennemiah rayonnait, me présentant fièrement comme son homme.

Mais le soir venu, la réalité m’a rattrapé.

La maison n’avait que trois petites chambres. Les enfants et les cousins dormaient dans l’une, la tante et d’autres invités dans une autre. Pour nous quatre – Lala, Tahina, Ennemiah et moi – on avait installé un grand matelas par terre dans le salon, avec des draps et des moustiquaires. Quatre places côte à côte, séparées seulement par des oreillers.

Je me suis changé dans la salle d’eau, enfilant un pantalon de pyjama large et un t-shirt, espérant que cela suffirait à me protéger. Quand je suis revenu, tout le monde était déjà allongé : Tahina près du mur, puis Lala, puis Ennemiah, et enfin moi au bord. La lumière éteinte, seuls les bruits de la nuit malgache filtraient : grillons, chiens lointains, murmures des voisins.

Je me suis allongé rigide comme un piquet, les yeux grands ouverts dans l’obscurité. Ennemiah, juste à côté de moi, sa mère de l’autre côté d’elle. J’entendais la respiration régulière de Lala, déjà endormie. Tahina ronflait légèrement.

Et puis j’ai senti la main d’Ennemiah.

Elle a glissé lentement sous le drap, cherchant la mienne d’abord, puis descendant plus bas. Ses doigts ont effleuré ma cuisse, puis le tissu de mon pyjama. J’ai serré sa main pour l’arrêter, mais elle a insisté, doucement, patiemment.

Je savais qu’elle n’allait pas lâcher.

Mon cœur battait à cent à l’heure. J’avais peur qu’elle aille trop loin, peur de ne pas pouvoir me contrôler, peur que Lala se réveille, peur de tout.

La nuit allait être longue.

Très longue.