On est rentrés à Bangkok le dimanche soir.
Mai avait tout préparé. Dix personnes nous attendaient dans mon appartement : ses sœurs, des amis du rooftop, deux farangs et trois filles. Rideaux grands ouverts, caméras partout, lumières allumées.
C’était l’apothéose.
Ils m’ont pris toute la nuit.
J’ai sucé, j’ai été sucé, j’ai baisé, j’ai été baisé. À un moment, j’étais au centre du salon, à quatre pattes, une bite dans la bouche, une dans le cul, deux mains qui me branlaient. Mai était devant moi, elle me filmait en souriant :
« Dis-leur ce que tu es maintenant. »
J’ai grogné, la bouche pleine :
« Je suis une salope… une sale pute de Bangkok… »
J’ai joui comme jamais, le corps secoué, l’esprit complètement parti.
À la fin, tout le monde était épuisé. Mai s’est approchée, m’a embrassé tendrement et m’a murmuré :
« Tu es à moi. Pour toujours. »
Je me suis levé, nu, couvert de sperme, et je me suis planté devant la baie vitrée. Bangkok s’étendait à mes pieds, des milliers de lumières, des milliers de fenêtres.
Je me suis regardé dans le reflet.
Le jeune provincial timide de Poitiers avait complètement disparu.
Il ne restait plus qu’un pervers heureux, accro au sexe, à l’exhibition et à la soumission.
J’ai souri au reflet.
« Bangkok… tu as gagné. »